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Le c-bet d'un tiers de pot avec toute sa range

6 min de lectureLeçon 49 sur 63

Tu sais déjà qu'un flop sec favorise le relanceur préflop. On va plus loin : sur ces flops, une stratégie simple et solide consiste à miser environ un tiers du pot avec presque toutes tes mains. On appelle ça un « range bet » : tu mises avec toute ta range (l'ensemble des mains que tu peux avoir), pas seulement avec tes mains fortes.

Ce que ta petite mise impose à l'adversaire

Reprends les formules de la leçon MDF. Pot de 6 BB, tu mises 2 BB (un tiers) :

  • Ton bluff doit marcher 25 % du temps : 2 ÷ (6 + 2).
  • L'adversaire doit défendre 75 % de sa range : 6 ÷ (6 + 2). Sinon, tes mises sans rien deviennent rentables automatiquement.
  • Pour payer, il lui suffit de 20 % d'équité : 2 ÷ (6 + 4).

Le point clé : sur K♦7♣2♠, la grosse blinde a beaucoup de mains qui n'ont ni paire ni tirage. Imagine que la moitié de sa range soit dans ce cas. Pour défendre 75 %, il doit garder toutes ses paires et ses tirages (50 %), plus la moitié de ses mains qui n'ont rien. Payer avec Q♥4♥ ou J♠5♦ sur ce flop, c'est inconfortable : il se couche souvent, et chaque abandon de trop te rapporte.

Même bluff, deux tailles. Pot 6 BB, tu as A♥T♥ sans paire sur K♦7♣2♠. Suppose que l'adversaire se couche 40 % du temps, et que tu abandonnes le pot s'il paye.

Mise de 2 BB : 0,40 × 6 − 0,60 × 2 = +1,2 BB.

Mise de 4 BB (deux tiers) : 0,40 × 6 − 0,60 × 4 = 0 BB. Avec la grosse mise, il faut qu'il se couche plus de 40 % du temps (son alpha) juste pour ne pas perdre.

En réalité ta main garde un peu d'équité quand il paye : le calcul est même un peu prudent.

Pourquoi miser aussi avec les mains fortes

  • Ta mise ne révèle rien : même taille avec K♠K♣ et avec A♥T♥. L'adversaire ne peut pas lire ta force à la taille.
  • Tes mains fortes se font payer par les mains moyennes (un 7, une petite paire), qui paieraient rarement une grosse mise.
  • Une relance te coûte peu : si l'adversaire relance et que tu n'as rien, tu te couches en ayant perdu seulement 2 BB.

Quand checker beaucoup plus

Sur un flop connecté comme 8♥7♥6♣, le calcul se retourne. La grosse blinde a payé avec beaucoup de petites cartes assorties et connectées : doubles paires, brelans, quintes, tirages. Elle peut relancer souvent, et ta petite mise n'impose plus grand-chose, car ses mains « sans rien » sont rares.

  • Avec tes hauteurs sans tirage (A♠Q♦), checke : miser, c'est se faire relancer et perdre ton équité.
  • Mise plutôt tes mains fortes et tes bons tirages, souvent plus gros (la moitié du pot ou plus) pour faire payer les tirages adverses.
  • Mets aussi quelques bonnes mains dans tes checks, pour que l'adversaire ne puisse pas t'attaquer à chaque check (voir la leçon « Checker derrière »).

Le réglage fin

Ce n'est pas « toute la range, toujours ». Même sur un flop sec, garde quelques checks avec des mains qui n'ont rien à gagner à miser (une petite paire comme 5♠5♦ qui veut voir le showdown) ou contre un adversaire qui relance très souvent. Et hors de position, la stratégie « petit avec tout » marche moins bien : l'adversaire en position paye plus facilement, car il jouera les rues suivantes avec l'avantage de parler en dernier.

À retenir

  • Une mise d'un tiers de pot oblige l'adversaire à défendre 75 % de sa range.
  • Sur un flop sec, la petite mise avec presque toutes tes mains gagne peu à chaque fois, mais très souvent.
  • Sur un flop connecté, checke beaucoup plus et mise plus gros avec ce que tu mises.

Vérifie que c'est acquis

5 questions pour valider la leçon

Le cours se replie pendant le quiz. Il faut 4 bonnes réponses sur 5 pour valider.

S'entraîner